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Les pionniers de la
psychanalyse (2)
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La
psychanalyse -- Les grands personnages
-- Les pionniers
Vilma Kovacs
Figure peu connue du mouvement analytique,
Vilma Kovacs (1884-11940) s'inscrit dans la tradition des analystes
hongrois par la qualité de sa réflexion clinique et son audace
théorique. Élève de Sandor
Ferenczi, Vilma Kovacs s'est surtout intéressée à la formation
des analystes et, comme plusieurs de ses collègues hongrois,
à la question du contre-transfert, anticipant les développements
de la psychanalyse moderne.
Vilma Kovacs a aussi contribué au développement
de la psychanalyse de façon originale en étant la mère de Alice
Balint et la grand-mère de Judith Dupont de l'APF.

Écrivain possédant une formation de philosophe, Fritz Wittels
appartient au groupe des premiers analystes qui se réunirent
à Vienne auprès de Freud et qui lui apportèrent en général plus
de désagrément que de plaisir. Freud se plaisait d'ailleurs
à se plaindre dans sa correspondance de ses viennois. Ami de
Stekel, Fritz Wittels s'est
joint aux Réunions du Mercredi dès 1907. Dans le contexte des
nombreuses disputes qui ont secoué ce groupe, Wittels a remis
sa démission en 1910 pour prendre la voie de la dissidence.
C'est en 1924 que Wittels a publié le livre Freud,
l'homme, la doctrine qui lui vaudra les foudres de Freud. Il sera tout de même
réadmis au sein de la Société Psychanalytique de Vienne en 1925. Il émigra en
Amérique en 1928 où il poursuivit sa carrière. Il reste peu de traces de son oeuvre.

J.H.W.van Ophuijsen


Au sein du groupe des premiers disciples viennois dont Freud
affectait de se plaindre dans sa correspondance, quelques figures
se dégagent comme de véritables pionniers de la psychanalyse.
Parmi ceux-ci, Eduard Hitschmann (1871-1957) se distingue par
la fidélité inébranlable qu'il a toujours témoigné à Freud,
qui fut brièvement son analyste, et à son oeuvre.
Provenant de la bourgeoisie juive, Eduard
Hitschmann a fait des études en médecine avant d'être introduit
à la Société psychologique du mercredi (le premier groupe de
disciples de Freud) par Paul
Federn. Homme possédant une vaste culture, Hitschmann s'intéressa
rapidement à ce qu'il convient de nommer la psychanalyse appliquée
et particulièrement à l'étude psychanalytique des grands penseurs.
Hitschmann fut aussi directeur de la clinique
psychanalytique de Vienne pendant plusieurs années avant de
quitter, en 1938, pour aller s'établir aux États-Unis après
un bref séjour en Angleterre. Toute sa vie, Hitschmann s'est
fait le défenseur de la pensée de Freud, n'hésitant pas ;a s'opposer
aux divers courants à la mode plus ou moins proches de la Psychologie
du Moi.

Originaire d'une famille juive de la grande bourgeoisie munichoise,
Karl Landauer (1887-1945) a d'abord fait des études médicales
le menant à la psychiatrie avant de se diriger à Vienne, en
1912, pour entreprendre une analyse avec Freud. À l'âge de vingt-six
ans, Landauer devient membre de la Société Psychanalytique de
Vienne. Trois ans plus tard, en 1919, il s'installe à Francfort-sur-le-Main
où il fonde, en 1926, un groupe auquel participeront Erich
Fromm, Frieda Fromm-Reichmann, Clara Heppel et Heinrich
Meng, et qui deviendra l'Institut psychanalytique de Francfort.
Proche des milieux philosophiques,
Landauer reste surtout associé à la formation de l'école dite de Francfort. Il fut
l'analyste du célèbre Max Horkeimer et joua un rôle considérable dans la mise
sur pied de l'Institut de Recherches Sociales, étroitement liée à l'Institut
psychanalytique et solidement intégrée à l'université.
Karl Landauer connut un destin tragique.
Chassé de l'Allemagne hitlérienne en 1933, Landauer a tenté de reprendre ses activités
aux Pays-Bas où il s'est buté aux tracasseries administratives des autorités qui
refusaient de reconnaître ses diplômes et à l'hostilité de certains collègues. En
1943, Karl Landauer fut pris dans une rafle. Il mourut en 1945 dans le camps
d'extermination de Bergen-Belsen.





Jeanne Lampl-de-Groot


Autres portraits
des pionniers (1)
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