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Les pionniers de la
psychanalyse (3)
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La
psychanalyse -- Les grands personnages
-- Les pionniers
Hermine von Hugh-Hellmuth
Hermine von Hugh-Hellmuth (1871-1924) est un
personnage peu connu de l'histoire de la psychanalyse. Elle fut pourtant la première
analyste à aborder la question du traitement des enfants. Son destin fut tragique
puisqu'elle fut assassinée par son principal patient qui était aussi son neveu.
Hermine von Hugh-Hellmuth
était institutrice de formation. Elle a développé une technique
thérapeutique moralisatrice et pédagogique dans la lignée des
réticences émises par Freud
dans le récit du traitement du petit Hans qui, rappelons-le,
a été traité par son père d'une façon peu formelle. August
Aichhorn et Anna Freud
poursuivront sur cette voie, alors que Melanie
Klein défendra une vision plus résolument analytique.
Les travaux de Hermine von
Hugh-Hellmuth sont aujourd'hui tombés dans l'oublie.
Hanns Sachs
Hanns Sachs (1881-1947) a joué un rôle discret
dans l'histoire de la psychanalyse. Son amitié avec Freud
et sa grande fidélité lui ont valu d'être retenu par l'histoire.
Homme cultivé, premier non-médecin à se joindre au groupe, Sachs
était apprécié de Freud et constituait une présence importante
aux réunions du mercredi de la Société Viennoise de Psychanalyse
où sévissaient Adler et Stekel,
au grand désespoir de Freud. Il fut invité à se joindre au comité
secret visant à sauvegarder la psychanalyse.
Sachs a été, avec Otto
Rank, co-éditeur de la revue Imago qui a connu ses
heures de gloire en axant son contenu vers la psychanalyse appliquée.
D'une santé chancelante, Sachs a été contraint à de longs séjours
en sanatorium. C'est à la suggestion de Freud qu'il s'installe
à Berlin en tant que didacticien, se joignant à l'un des groupes
les plus dynamiques de l'époque.
Devant la montée de
l'intolérance et l'avènement du nazisme, Sachs a émigré aux
États-Unis où il a assumé la succession de Franz
Alexander à la direction du groupe bostonnais qui était
alors en crise.
Imre Hermann
Le nom de Imre Hermann
(1889-1984) est assez peu connu même dans les milieux analytiques.
Pourtant, Hermann est, avec Balint
et Ferenczi, l'un des plus
prestigieux représentant de l'École Hongroise de Psychanalyse,
reconnue pour ses avancés théoriques audacieux et son raffinement
technique. Hermann a consacré sa vie à la pratique et l'enseignement
de la psychanalyse et fut le pilier de la survie de la psychanalyse
en Hongrie malgré des conditions parfois assez difficiles.
C'est à Imre Hermann
que nous devons l'introduction des données éthologiques en psychanalyse,
ce que reprendra à sa manière John
Bowlby en Angleterre. Peu de ses uvres ont été traduites.

Lajos Lévy
Lajos Lévy (1875-1961),
même s'il a terminé sa vie en Angleterre appartient à la Société
Psychanalytique de Hongrie dont il fut l'un des cinq fondateurs,
avec Ferenczi. Lévy était
un médecin qui pratiquait autant la médecine physique que la
psychanalyse. Il a réussi le tour de force d'acquérir une notoriété
dans ces deux domaines. Il a dirigé l'un des plus grands hôpitaux
de Hongrie. Souvent l'objet de tracasseries d'un gouvernement
peu sympathique à la psychanalyse, il choisit à un âge déjà
avancé d'émigrer à Londres pour finir ses jours en liberté.

Edoardo Weiss
Edoardo Weiss (1889-1971) fut le premier
à véritablement pratiquer la psychanalyse en Italie après la
première guerre mondiale. C'est en 1908 qu'il se rend rencontrer
Freud qui le dirige vers le
divan de Paul Federn. Il
rentre à Trieste après la guerre et s'établit à Rome au début
des années trente où il se retrouve entouré d'un petit groupe
qui sera à l'origine de la Société Italienne de Psychanalyse.
Chassé d'Italie
par les lois raciales, Edoardo Weiss a émigré aux Etats-Unis,
à Chicago, où il est allé
rejoindre Franz Alexender.
Ce sont ses disciples qui relanceront la psychanalyse en Italie
après la deuxième guerre mondiale.

Theodore Reik
Theodor Reik (1888-1969) fut l'un
des premiers psychanalystes à ne pas posséder de formation médicale,
ce qui eut pour conséquence que durant toute sa vie il fut l'objet
de contestations et même de procès. Né en Bohème, Theodor Reik
a fait des études en littérature et en psychologie avant d'entrer
en contact avec Freud en 1910
et de décider d'entreprendre une formation analytique.
C'est à Berlin que Reik fit son analyse
auprès de Karl Abraham.
Il revint par la suite s'installer à Vienne où, en plus de sa
pratique, il devint secrétaire de la Société Psychanalytique.
À partir de 1928, Reik retourne à Berlin où il effectue de l'enseignement
auprès des candidats. La montée du nazisme force Reik, qui était
juif, à s'expatrier en Amérique où il poursuivra sa carrière
d'analyste. Reik a fondé aux États-Unis un regroupement d'analystes
non-médecins, la National Psychological Association for Psychoanalysis,
ce qui lui vaudra de nombreux démêlés avec les instances médicales.
Reik est surtout connu pour ses
travaux de psychanalyse appliquée, ses études du phénomène criminel et ses écrits sur
la masochisme et la culpabilité.

Ernst Simmel
Ernst Simmel (1882-1947) a entrepris
sa carrière d'analyste alors qu'il jouissait déjà d'une brillante
réputation de clinicien. C'est en 1919 qu'il commence une analyse
avec Karl Abraham à Berlin.
Il aura par la suite un rôle important dans le développement
de la psychanalyse en Allemagne et un peu partout dans le monde
en travaillant avec Max Eitingon à la
mise sur pied de la polyclinique psychanalytique de Berlin et
du Sanatorium de Tegel qui ont contribué à la formation de toute
une génération d'analystes qui se sont disséminés à travers
le monde.
Simmel, socialiste engagé
a échappé de justesse aux rafles nizies et a été contraint à
l'exil à l'approche de la deuxième guerre mondiale. Après bien
des détours, il a terminé sa carrière en Californie où il a
joué, avec Otto Fenichel,
un rôle important dans l'implantation de la psychanalyse américaine.

Sandor Lorand
Sandor Lorand (1892-1987) appartient à la
célèbre et infortunée école hongroise de psychanalyse. Originaire
d'une famille juive de Budapest, il fit des études de médecine
et se spécialisa en gynéco-obstétrique. Intéressé par l'hypnose
comme moyen de contrôler les douleurs de l'enfantement, il s'intéresse
peu à peu à la psychanalyse par le biais des travaux de son
compatriote Sandor Ferenczi.
Contrairement à l'usage à l'époque, Lorand ne
se rendra pas à Vienne ou Berlin pour faire sa formation psychanalytique. C'est sur le
divan de Sandor Ferenczi que pendant plus d'une année il fera une analyse personnelle. Le
climat social très difficile en Hongrie le forcera, comme presque tous ses collègues, à
émigrer. C'est dès 1925 que Lorand prend la route des États-Unis où il s'installe à
New-York et obtient la nationalité américaine. Il a alors une pratique privée
d'analyste en plus d'occuper un poste de direction au Jewish Hillside Hospital.
Lorand est
un des fondateurs avec A. A. Brill,
de l'Institut de Psychanalyse de New-York dont il sera président.
Membre actif de la Société
Psychanalytique de New-York, Lorand s'est impliqué dans
l'administration et la formation tout en produisant une uvre
restée méconnue. Fidèle défenseur de la pensée de Ferenczi,
il conservera une amitié avec Balint
et Gezà Roheim qu'il
avait connus en Hongrie. Son uvre tend vers une approche
plus rééducative de l'analyse.

Ludwig Jekels
Originaire de Pologne, Ludwig Jekels
(1867-1954) a obtenu son diplôme de médecine de l'Université
de Vienne en 1891. Il a alors organisé sa propre clinique en
Silésie avant de commencer une analyse avec Freud.
Présent au congrès de Salzbourg en 1908, Jekels se joindra aux
soirées du mercredi à partir de 1910. C'est à ce moment qu'il
décide de s'installer à Vienne où il poursuit sa carrière. Proche
de Freud et fidèle au travers des ruptures et des dissidences
qui ont marquées ce groupe, Jekels est devenu à compter de 1932
un des partenaires de cartes de Freud.
Jekels a quitté l'Autriche
et son climat politique explosif en 1935 pour s'installer quelques
temps en Suède avant de prendre la route des États-Unis où il
devint membre de la Société
Psychanalytique de New-York. Son uvre fait une large
place à ce qu'il est convenu d'appeler la psychanalyse appliquée.
Autres portraits des
pionniers (1) (2)
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