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La
psychanalyse britannique
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La
psychanalyse -- Les écoles -- britanniques
a
psychanalyse britannique a été fortement marquée, du moins sur
le plan organisationnel, par la présence de Ernest
Jones qui s'est établi à Londres vers les années 1910 après
avoir séjourné en Amérique pendant plusieurs années. Jones a
souvent été un personnage critiqué probablement en raison du
fait qu'il a souvent semblé mieux servi par son sens politique
que par son génie théorique ou clinique. La société britannique
s'est donc trouvée à jouer un rôle majeur au sein des organismes
de pouvoir comme l'International Psychoanalytic Association
et l'International Journal of Psycho-Analysis.
Le splendide isolement des insulaires va
favoriser que se développe très rapidement une psychanalyse britannique ayant son champ
particulier d'investigation. Dès le début, la société comptera un nombre important de
femmes et aussi de non-médecins, ce qui favorisera le développement d'une tradition
axée sur la clinique et sur le traitement psychanalytique des enfants.
L'événement le plus marquant
sera probablement l'arrivée de Melanie
Klein en 1925 qui donnera à la pensée psychanalytique anglaise
sa grande particularité. L'ouverture d'esprit des anglo-saxons
lui permettra d'élaborer une uvre originale explorant
les méandres de la préhistoire de la vie psychique. Autour d'elle
se formera un groupe de supporters, les kleiniens,
qui exploreront les continents qu'elle a découverts. De plus,
un groupe de penseurs utilisera ses idées pour aller plus loin
dans l'étude de la vie psychique et s'intéressera aux fondements
mêmes de l'activité de penser. Ce groupe est désigné sous le
nom de néo-kleinien.
Le groupe
kleinien sera vivement contesté au cours des années trente avec
l'arrivée des analystes continentaux chassés par la montée du
nazisme. De grandes discussions auront lieu et aboutiront au
milieu des années quarante à la formation du groupe de la Hampstead
Clinic dirigé par Anna
Freud, et du middle group réunissant les théoriciens
de la relation d'objet et les non alignés.
Les ruptures ... à l'anglaise
a
Société Britannique de Psychanalyse a généralement la réputation
d'être ouverte à la discussion et à la cohabitation de tendances
diverses. Toutefois, lorsqu'on y regarde de plus près, on peut
constater que ce groupe n'a pas échappé aux luttes et aux ruptures
qui ont marqué tant la psychanalyse française que la psychanalyse
américaine. En fait, les disputes ont été particulièrement longues
et féroces en Angleterre, malgré l'apparente cohabitation des
groupes rivaux et l'absence de ruptures officielles.
Dès les origines, la
psychanalyse britannique sera secouée par des dissensions. Fondée
en 1913 par Ernest Jones, la Société Psychanalytique de Londres
sera dissoute en 1917 par le même homme dans le but de faire
échec aux sympathisants de Jung
(David Eder, Maurice
Nicoll...). Avec un soucis de pureté et d'orthodoxie, il fonde
en 1919 la Nouvelle Société britannique de Psychanalyse en excluant
les dissidents.
L'épisode des luttes épiques entre kleiniens et
anna-freudiens est mieux connu. Durant une vingtaine d'années, et bien au delà du
compromis qui a restauré un semblant de paix, ces deux groupes se sont disputé sans
merci la moindre parcelle de territoire théorique, clinique et politico-administratif.
S'il n'y a pas eu scission à cette occasion, c'est en grande partie en raison du fait que
personne ne voulait laisser à l'opposant la place ainsi abandonnée. Anna Freud pouvait
difficilement, en tant que fille de Freud, abandonner le mouvement fondé par son père et
dont la légitimité n'était pas remise en question. La solution trouvée de former trois
groupes (kleiniens, anna-freudiens et non-alignés) est une sorte de compromis qui a
parfois pris des allures de mur de Berlin.
Si la grande scission a été évitée,
la Société Britannique de Psychanalyse a été secouée à plusieurs
reprises par des ruptures individuelles touchant ses principaux
penseurs. Le premier en liste fut Edward
Glover dont la démission survenue en plein cur des
grandes controverses entre kleiniens et anna-freudiens visait
à donner l'impulsion à un mouvement de rupture massif qui n'eut
pas lieu.
La suite
de l'histoire est marquée par plusieurs démissions ou retraits
importants. Que ce soit Bowlby
qui, sans jamais démissionner, fut tenu à l'écart, Charles Rycroft
qui démissionna en 1973 pour protester contre les guerres de
clans, Laing qui quitta pour fonder l'anti-psychiatrie, Bion
qui au sommet de la gloire décide de s'en aller en Californie
pour échapper à l'ambiance qu'il trouvait étouffante ou encore
Meltzer qui en
1984 a rompu avec le mouvement psychanalytique officiel pour
protester contre les normes de formation, la psychanalyse britannique
a maintenu son image d'unité et de tolérance au prix de nombreuses
ruptures... à l'anglaise.
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