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La Société Psychanalytique
de Paris
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La
psychanalyse -- Les écoles -- Françaises
-- SPP
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Société Psychanalytique de Paris ne constitue pas à proprement
parler une école de pensée. En effet, on y retrouve diverses
tendances et on ne peut dire qu'une personnalité vedette s'en
dégage. En fait, au sein de la SPP, de nombreux individus ont
produit des uvres importantes qui ont eu et ont encore
une vaste audience internationale.
Pour bien saisir l'esprit
de la SPP il est nécessaire d'avoir certaines bases concernant
son histoire. Fondée assez tardivement, en novembre 1926, la
SPP regroupe des gens assez hétéroclites. À la princesse Marie
Bonaparte se joint la polonaise non médecin Eugénie
Sokolnicka et le médecin polonais Rudolf
Loewenstein, tous trois encouragés par Freud lui-même. Les
français qui participeront à la fondation sont A.
Hesnard, R. Allendy,
A. Borel, R.
Laforgue, G. Parcheminey
et Edouard Pichon,
auxquels il est convenu d'ajouter Henri
Codet, qui fut le premier membre titulaire co-opté. À ce
groupe se joignirent les suisses roman Raymond
de Saussure et Charles
Odier. Dès le début de son existence, la SPP aura à se débattre
entre deux souhaits plus ou moins contradictoires: ne céder
en rien aux étrangers et être dans l'orthodoxie de l'International
Psycho-Analytic Association.
Les tensions déjà fortes
dans la société plutôt anarchique des débuts vont s'exacerber
dans l'après guerre lorsque s'affronteront des visions parfois
radicalement opposées de l'analyse. Trois analysants de Loewenstein
vont s'affronter sur le sujet de la formation des candidats.
Sacha Nacht entendait
imposer une formation d'allure médicale, très structurée, garante
d'une psychanalyse thérapeutique à l'américaine. Daniel
Lagache, psychologue universitaire, adoptait une vision
plus libérale, à la britannique, de la formation. Jacques
Lacan, pour sa part, tout en protestant de son désir de
se conformer aux standards internationaux avait une pratique
clinique très inhabituelle, inventant la séance à durée variable
(très variable selon plusieurs) et cherchait par le pouvoir
de séduction de sa personnalité et par son intelligence à s'attacher
un important groupe de disciples plus ou moins admirateurs.
La rupture de 1953 va être provoquée
directement par le fait que Nacht, qui occupait de plus en plus d'espace dans
l'administration de la SPP va vouloir resserrer les contrôles et s'attaquera aux
extravagances de Lacan. Une crise organisationnelle autour de la direction de l'institut
de formation sera le détonateur d'une rupture qui regroupera un peu artificiellement les
opposants de Nacht dans la fondation de la Société Française de Psychanalyse qui aura
une courte vie.
L'ironie du sort voudra que la SPP se définira
longtemps par son opposition au lacanisme montant puis triomphant. Reléguée dans l'ombre
du Maître, la SPP, gardienne de l'orthodoxie apparaîtra à certains bien terne. De
nombreuses figures de premier plan émergeront sans qu'aucune doctrine ne domine. Les
influences seront nombreuses, surtout du côté outre-Manche.
La S.P.P. a longuement été
déchirée par des luttes internes nombreuses et persistantes entre des libéraux et des
conservateurs, aggravées par le fait que les statuts de l'organisation comportaient des
clauses rendant presque impossible tout changement. La crise est devenue si importante que
les membres de la S.P.P. ont fini, après de nombreuses discussions, par adopter un
ensemble de mesures visant à démocratiser ses statuts de façon à rendre viable la
société.
La SPP est actuellement en France la plus
imposante et la plus puissante organisation psychanalytique. Si son ampleur impose parfois
une structure organisationnelle un peu lourde, elle permet aussi que cohabitent des
oeuvres fortes et variées qui peuvent s'entrechoquer et se féconder pour le plus grand
bien du développement de la pensée psychanalytique française.
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